12 Novembre 2021
Entre plumes et lumières
“Aborder l'œuvre pour piano de Messiaen, c'est à la fois s'abandonner au rêve, à l'enfance, à l'indicible de l'au- delà, et ne rien lâcher en termes de virtuosité et d'analyse. Sans doute Cassandre Marfin a-t-elle connu Messiaen dans une autre vie (elle est née en 1993, un an après la mort du compositeur) car tout atteste sa familiarité avec son fameux “Langage musical", à commencer par l'indépendance avec laquelle elle a construit son programme, n'hésitant pas bouleverser l'ordre de passage des extraits pour aboutir à une saisissante évidence dramaturgique, la Première communion de la Vierge glissant ainsi tout naturellement vers l'Alouette Lulu (par exemple). Processus poursuivi au sein de chaque pièce, où le jeu des timbres et des rythmes font alterner la tendresse humaine, l'extase surnaturelle et une captivante rhétorique ornithologique.”